La Sauge

Publié le par DM

La Sauge

Cur moriatur homo cui salvia crescit in horto

Pourqoui mourrait-il celui qui a un pied de sauge dans son jardin

Les anciens nommés cette plante « salvia » d'ou dérive le mot sauge. Originaire d’Asie occidentale, la sauge qui appartient à la famille des Labiés, s’est naturalisée dans les régions méditéranéennes. Elle aime le soleil et les sols calcaires et pousse tout autour de la Méditerranée, dans toute l’Europe, en Angleterre et dans l’Ouest des Etats-Unis.

Les moines ont eu une grande influence dans la diffusion de cette plante qui, dès le 11ème  siècle était très répandue dans les jardins monastiques car lesdits moines étaient très influencés par les préceptes de l’école de Salerne. Nos herboristes ecclésiastiques utilisaient la sauge officinale et la sauge sclarée, au nom évocateur de bonne toute, moins chargée en thuyane donc potentiellement moins dangereuse si l’on en abuse, pour soigner dans leurs infirmeries les malades qui venaient soigner leurs divers maux. Il fallait, et il faut toujours, la récolter à l’aube de la Saint Jean et la faire sécher très soigneusement.


Riche en oestrogènes (hormones féminines), elle permet de réguler une transpiration excessive. Cette action antisudorifique a été démontrée par des études datant des années 30. Aujourd'hui, on préconise son infusion pour résoudre les désordres dus à la ménopause (les bouffées de chaleur en particulier).

Par ailleurs, la sauge s'avère très efficace pour calmer les inflammations des muqueuses de la bouche, du nez et de la gorge ainsi que les infections des voies respiratoires. Inhalation et gargarisme permettent de bénéficier de ces actions antiseptiques. Enfin, associée à la rhubarbe, elle permet de combattre l'herpès labial. Selon une recherche publiée en 2001, une pommade contenant des extraits de sauge et de rhubarbe se révèle aussi efficace que le
médicament conventionnel à base d'acyclovir.

Elle fait merveille dans la cuisson des fèves, de toutes les légumineuses et des châtaignes dont elle facilite la digestion, et aussi elle aromatise le riz et le couscous. C’est en fait le condiment indispensable des plats méridionaux comme en témoigne la recette de l’aïgo boulido (eau bouillie) : dans une casserole d’eau faites cuire une branche de sauge, une tête d’ail, de la graisse d’oie et un bouquet garni, versez sur une tranche de pain rassis.

Elle se rencontrait avant dans tous les jardins car avant l'usage généralisé du café , elle servait à la confection du « thé à l'saille » , infusion de sauge dans l'eau ou dans du lait coupé d'eau et était la boisson courante des régions du Nord pour le déjeuner le matin.

Vous pouvez aussi faire infuser des feuilles de sauge à la place de feuilles de thé ou encore faire macérer une semaine 40 gr de sauge dans un litre de vin de porto, une à trois cuillerées à soupe le soir après dîner, il y a pire en fait de médication !

Publié dans edwigeetdidier

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Adamantane 19/12/2006 17:38

Des tisanes à toutes les sauges...De chez des amis bourguignons nous avons à l'automne rapporté (par le TGV, forme technologiquement déviante de la TA) un éclat de souche muni de quelques feuilles, éclat qui semble avoir supporté le voyage et orne un de nos balcons – au nord, hélas, mais le balcon au sud est soumis à l'aspersion des poussières cendreuses d'un chantier voisin – en attendant la nuit de la Saint Jean pour être cueillie...et comme il y en aura peu, je me bornerai à la fumer dans une pipe à long tuyau.